N° 410
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Zakaria Boualem désespère de trouver une solution
pour améliorer la circulation routière au Maroc.


Nom : Boualem
Prénom : Zakaria.
né en 1976 à guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque.


Zakaria Boualem est un homme rigoureux. Il passe ses journées à observer ce qui se passe autour de lui, il modélise des systèmes, il cherche des idées pour améliorer les choses - c’est sa nouvelle mission. Malgré toute cette science, il arrive régulièrement qu’il soit impuissant à proposer la moindre solution aux problèmes qui nous pourrissent un peu la vie. C’est le cas cette semaine. Voici les données :
Donnée numéro 1 : les Marocains conduisent comme des sagouins. Ils brûlent les feux et les stops, ignorent les passages piétons, s’impatientent au moindre ralentissement, tentent de forcer le passage en inventant des files là où il n’y en a pas, s’insinuent dans le moindre espace exactement comme un liquide, klaxonnent et insultent tout le monde. Ettessétéra, comme on dit.
Donnée numéro 2 : chaque Marocain pris individuellement considère que tous les autres Marocains conduisent mal. Le Marocain ne se
remet jamais en cause, c’est bien connu. L’autocritique est une notion importée, elle lui est parfaitement étrangère.
Donnée numéro 3 : la police et la gendarmerie, organismes chargés de faire respecter le Code de la route, sont, paraît-il, légèrement corrompus. Certains témoignages font état de pratiques consistant à donner de l’argent aux représentants de ces organismes en dehors de tout cadre légal pour se libérer de leurs poursuites. Certains autres témoignages évoquent carrément des infractions imaginaires, inventées par lesdites forces de l’ordre pour justement récupérer les sommes dont il est question plus haut. Même si Zakaria Boualem ne saurait confirmer pareille ignominie, il lui est impossible d’ignorer ces témoignages dans le cadre de cette réflexion qui se veut sérieuse et complète.
Ces trois données combinées produisent dix morts par jour sur nos routes.
La question est : que peut-on faire ? Lancer des campagnes de communication, sensibiliser les gens, leur expliquer les dangers qu’ils courent, les choquer si besoin ? Inutile, à cause de la donnée numéro 2. Aucun discours au monde ne pourra convaincre les Marocains d’accepter de se regarder en face. Durcir le Code de la route, imposer des peines de prison, des amendes astronomiques ? Possible, mais dangereux, à cause de la donnée numéro 3. Inutile d’insister, tout le monde a compris. Il est d’ailleurs intéressant de constater que la donnée numéro 3 est justement une donnée et non un dysfonctionnement. On peut même parler de donnée de base, de fondation de notre système.
Zakaria Boualem vous laisse réfléchir et vous propose aussitôt un second problème.
Donnée numéro 1 : notre équipe nationale est à l’agonie, tout est à reconstruire. Le peuple du football marocain est dans un état de désespoir tel qu’il pourrait entrer dans une secte ou, pire, soutenir l’Egypte ou la Tunisie. Il existe des jeunes qui auront seize ans en 2014 et qui n’auront encore jamais vu le Maroc à la Coupe du Monde.
Donnée numéro 2 : les éliminatoires de la prochaine CAN démarrent en septembre prochain et nous disposons d’ici-là de plusieurs dates pour des matchs amicaux.
Ces deux données, judicieusement combinées, pourraient laisser penser que notre Fédération, que Dieu l’assiste, va nommer un nouvel entraîneur pour se mettre au travail. Que nenni ! Elle vient (enfin) de communiquer pour nous expliquer qu’elle se décidera après le Mondial… On n’est plus à cinq mois près, après tout… La situation est donc la suivante : nous n’avons pas d’équipe, pas d’entraîneur, pas de projet, mais rassurez-vous, nous avons bien une Fédération ! C’est formidable, le Maroc est formidable, et merci !

 
 
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