N° 423
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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L'ACTU MAROC




Mohamed Moujahid (TNIOUNI)

Fatwas. “Stop à l’instrumentalisation politique”

Dans un récent communiqué, le Parti socialiste unifié (PSU) s’est opposé à la publication de fatwas par le journal islamiste Attajdid. Mohamed Moujahid, secrétaire général du parti, en explique les raisons.

Que reproche votre formation au journal Attajdid ?
Attajdid a toujours eu pour coutume de publier des fatwas pour le moins déplacées et souvent contraires à la loi. Elles vont à l’encontre
des valeurs de la démocratie, des droits de l’homme et des libertés individuelles. La publication d’une fatwa conseillant aux femmes de ne plus consulter des médecins hommes était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Il était de notre devoir de dénoncer cela. A travers cette guerre contre cet organe de presse, cherchez-vous à attaquer le PJD ?
Nous avons une position claire : nous condamnons les fatwas rétrogrades que publie Attajdid et nous nous opposons aux individus ou partis qui utilisent ces fatwas à des fins politiques. Et le PJD est concerné comme n’importe quel autre parti.

Pensez-vous qu’il faut une séparation nette entre le religieux et le politique ?
La religion est un héritage commun à tous les Marocains et elle a une place importante dans notre société. Mais il ne faut en aucun cas utiliser le religieux pour des calculs politiques. La politique relève d’une sphère et la religion d’une autre.
Propos recueillis par Aïcha Akalay


Marrakech. A fond la caisse !
Hôtels bondés, restaurants pleins à craquer, parkings complets, artères bouchonnées… Ce week-end du 1er mai, la ville ocre a accueilli plus de 250 000 touristes nationaux et internationaux, selon les estimations du centre régional de tourisme local. En temps normal, “Kech” enregistre en moyenne chaque mois près de 150 000 visiteurs. C’est dire la performance fulgurante réalisée en l’espace de deux petits jours. Merci qui ? Merci Caftan, show de haute couture beldi, Moonfest, festival musical organisé à 40 km de la ville et enfin, mention spéciale au Grand prix de Marrakech (GPM) de Formule 2 qui, pour sa 2ème édition, a drainé 100 000 visiteurs, soit près du double des happy few qui avaient fait le déplacement en 2009. A cette occasion, Ali Horma, président du GPM, a fait visiter le circuit à Bernie Ecclestone, patron de la Formule 1, dont la dernière visite au Maroc remonte à 1958. Cette année-là, Casablanca avait accueilli le premier (et le seul) grand prix de F1 jamais organisé sur notre bitume. On souffle que les deux hommes se sont longuement entretenus de l’éventualité pour le royaume d’abriter une course de F1. Youssef Ziraoui


Enseignement. Institutrices en détresse
Réclamant une mutation plus près de leur conjoint, 21 maîtresses d’école (et un maître) de toutes les régions du royaume observent actuellement une grève de la faim dans les locaux de la Fédération de l’enseignement à Rabat. “Nous protestons contre la non transparence du mouvement de transfert, explique le porte-parole du mouvement. Des proches de hauts responsables du ministère obtiennent des postes à Rabat après 6 mois de travail, alors que certaines parmi ces femmes enseignent depuis 10 ans dans des écoles isolées !”. La colère des instits s’explique aussi par leurs conditions de vie. Exemple : Zineb fait depuis 6 ans un voyage de plus de 24 heures pour atteindre son école du Toubkal, à 1100 km de son foyer. Elle gagne 3500 DH et loge dans une chambre en terre battue sans électricité ni toilettes. Voilà 4 ans qu’elle demande en vain un transfert : soit depuis la naissance de son enfant, qu’elle voit seulement pendant les vacances… Contacté, le ministère de l’Education nationale n’a pas souhaité commenter cette affaire. Zoé Deback


Société. Harcèlement policier ?

Ayant programmé un sit-in pour protester contre le harcèlement sexuel, le groupe Mali s’est une fois de plus heurté à la répression policière.

Après avoir publié un texte dénonçant le harcèlement sexuel, le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali), rendu célèbre par son initiative de pique-nique lors du dernier ramadan, avait appelé à un sit-in le dimanche 2 mai devant la wilaya de Casablanca. A peine arrivées sur les lieux, les deux organisatrices du rassemblement, Zineb El Rhazoui et Ibtissam Lachgar, accompagnées d’une journaliste du Monde Magazine venue pour l’occasion, sont interpellées par des policiers en civil. Comme elles le rapportent dans un communiqué, les agents les embarquent en les gratifiant de coups de pieds aux fesses et d’injures type “salope mal élevée”. Mais sans fournir aucune explication, alors que “depuis 2002, il n’est plus besoin d’avoir une autorisation pour se rassembler”, rappelle Zineb. Relâchées peu de temps après avoir décliné leur identité et sans avoir signé de PV, les trois jeunes femmes repartent en direction de l’appartement de Zineb, avant d’être rejointes par d’autres sympathisants. Inutilisées, les banderoles “Ferme ta gueule !” et “Société machiste !” jonchent le sol, mais la petite bande est bien décidée à les ressortir pour une nouvelle action au courant de la semaine. “Nous allons demander une autorisation officielle pour le prochain rassemblement”, annonce Zineb. Jules Crétois


Faits-divers. Massacre à la pioche
Sidi Bennour a vécu un 1er mai sanglant. Originaire de Ouled Frej, une commune de la région, un jeune homme de 22 ans, souffrant de troubles psychiques, s’est lancé dans une équipée sanglante qui fera trois morts. Sur son chemin, il croise sa première victime, une jeune fille à qui il assène plusieurs coups de pioche au niveau de la tête. Puis, Saïd reprend la route à bord de sa carriole. La gendarmerie, vite alertée, ratisse les alentours à la recherche du coupable. En vain. L’homme est déjà loin. Aux alentours de 18 heures, Saïd agresse un jeune homme d’une vingtaine d’années qui connaît le même sort. Les gendarmes, à nouveau prévenus, étendent leur zone de recherche, sans plus de succès. Un peu plus tard, une mère de famille a le malheur de croiser le chemin du meurtrier à la pioche, qui s’acharne sur la quadragénaire. Cette fois, les autorités sortent les grands moyens en mobilisant les forces de l’ordre d’El Jadida et les brigades canines de la gendarmerie. Le triple meurtrier ne sera arrêté qu’à 3 heures du matin, près de la commune de Beni Hilal où il s’était réfugié. Hassan Hamdani


Presse. Le SNPM tire la sonnette d’alarme
“Les événements survenus entre mai 2009 et mai 2010 constituent une dangereuse menace à la liberté de la presse et une remise en cause de toute évolution”. C’est la conclusion du rapport traditionnel publié par le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM), le 2 mai, à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse. Le syndicat explique que l’accumulation des dépassements enregistrés durant cette période est inquiétante à plus d’un titre. D’une part, il déplore le recours à d’autres lois que le Code de la presse et aux dispositions vagues pour poursuivre les journalistes. D’autre part, le syndicat dénonce les décisions prises en dehors de tout cadre légal, faisant référence à la fermeture des locaux d’Akhbar Al Youm ou à la saisie des exemplaires d’août 2009 des hebdomadaires Tel Quel et Nichane. Une bonne partie du rapport du SNPM fait la liste des dépassements des agents d’autorité et énumère les agressions contre des journalistes durant l’exercice de leur métier. Mohammed Boudarham


Internet. Le piratage en procès
Les hackers marocains sont dans le collimateur de la justice. Après plusieurs attaques perpétrées contre les sites de la primature, du ministère de l'Energie et tout récemment de celui de la Justice, les coups de filet s’enchaînent. Le jeudi 6 mai, un procès s’est d’ailleurs ouvert à Rabat, impliquant un groupe de pirates baptisé “Team Rabat-Salé”. Agés de 17 à 22 ans, les membres de ce groupe, connus dans le cyber-espace pour ses attaques dirigées contre des sites israéliens et ceux du Polisario, ont été appréhendé, fin mars, par la cellule de la lutte contre la cyber-criminalité de la Sûreté nationale. “Ils ont été poursuivis suite à des plaintes activées par les gouvernements algérien et américain”, explique un proche des détenus. Mais selon des sources policières, les arrestations seraient également dues à une attaque du portail documentaire du ministère de la Justice, où des données bancaires de plusieurs sociétés ont été subtilisées. Les plaintes déposées par les entreprises dont les comptes bancaires avaient été débités à leurs insu ont mené les enquêteurs dans le cyber-café de Salé depuis lequel les pirates opéraient. Un procès retentissant en perspective. Hicham Oulmouddane


Droits d’auteur. Coup de pouce de Naciri
Le secteur de la création est en souffrance : problèmes de recouvrement des droits d’auteur, échec dans la lutte contre le piratage et la contrefaçon… Pour y pallier, le Bureau marocain des droits d’auteur (BMDA) vient de signer un contrat-programme avec le ministère de la Communication. Objectif : mettre à niveau le secteur via une restructuration de cette institution. En vertu de cet accord, le BMDA s’engage à améliorer progressivement les montants des répartitions des droits au profit des auteurs, afin d’atteindre les normes internationales. Il doit également déployer plusieurs mesures de mise à niveau, notamment la généralisation de la formation continue, l’amélioration des conditions de travail du personnel et la modernisation des instruments de gestion. Pour mener à bien sa mission, l’institution bénéficiera d’un soutien financier de 13 millions de dirhams entre 2010 et 2012. Le département de Naciri s'engage de son coté à adopter un texte juridique relatif à “la copie privée” et à amender l'arsenal juridique de manière à protéger tous les ayants droit. Tarik Hari


1er Mai. Un non-événement
C’est sans doute la MAP qui a le mieux résumé le 1er Mai 2010 : “La Fête du travail a été célébrée (…) à travers les différentes villes du Royaume dans un climat empreint de calme et de discipline.” C’était déjà le cas il y a trois ans, alors que les centrales syndicales annonçaient un 1er Mai chaud dans les rues, dans le sillage d’un round décisif du dialogue social. L’Etat, qui craignait un remake des évènements de 1981, n’a rien vu venir. Depuis ce non-évènement, plus personne n’investit dans la fête du travail, même pas le bouillonnant Hamid Chabat. Le patron de l’UGTM a ainsi boudé les festivités 2010 qu’il a qualifiées “d’hypocrisie sociale”. Il n’était pas le seul. Les autres boss des syndicats qui comptent, Noubir Amaoui de la CDT et Mahjoub Benseddik de l’UMT, étaient aussi aux abonnés absents. Les seuls à croire encore au 1er Mai ne sont pas à chercher chez les représentants des travailleurs, mais du côté de la société civile. Pour la troisième année consécutive, l’AMDH a participé aux défilés, faisant de la fête du travail un point culminant de son combat contre la vie chère. H.H.
 
 
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