N° 423
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Europe. Un modèle en faillite ?
Analyse. Nétanyahou et les Arabes
ACTU MONDE



Par Jules Crétois

Europe. Un modèle en faillite ?

La crise ne semble pas
encore terminée. (AFP)

L’Europe n’a pas su prévenir la crise grecque et voit plusieurs autres pays membres s’enfoncer dans l’endettement. Une situation alarmante pour la zone euro.


Depuis plusieurs semaines, l’Europe est en proie à une crise des plus graves : un de ses pays membres, la Grèce, est tout simplement en pleine banqueroute. Pis, l’effondrement de l’économie hellène a mis à mal le modèle européen dans son ensemble. Au plus fort de la crise, les échanges houleux entre les ministres français et allemands n’avaient
d’égal que le silence des principaux dirigeants européens, mettant à mal la coordination au sein de cet ensemble jadis exemplaire. Résultat : la montée en puissance de l’euro est freinée et le rayonnement européen terni. Pour mémoire, les pays de la zone euro, en ratifiant en 1992 le traité de Maastricht, s’engageaient à maintenir leur déficit public dans une limite de 3% du PIB, le fameux “seuil européen”. Dix-huit ans plus tard, la Grèce accuse un déficit budgétaire équivalent à 8,1% de son PIB, selon son gouvernement.

Mauvais camarades
S’il est impossible pour les pays européens de laisser leur partenaire couler sans agir, les réticences ont surgi de toutes parts. Tout d’abord d’Allemagne. Ce bon élève de l’Union Européenne (UE) a longtemps hésité avant de voler au secours de la Grèce, les tergiversations de la chancelière Angela Merkel faisant écho à une violente campagne “hellènophobe” dans les journaux allemands. Puis la France s’est opposée à une intervention du Fonds monétaire international (FMI), un tel recours étant synonyme de faiblesse pour la zone euro. Le scénario est pourtant inévitable : le 2 mai, le déblocage d’une aide financière conjointe de l’UE et du FMI est officiellement annoncé. La Grèce obtient la rondelette somme de 110 milliards d’euros. Mais la solidarité a ses limites, même entre Européens : la France et l’Allemagne n’acceptent de prêter à la Grèce qu’à des taux particulièrement avantageux (5%)… Et l’aide conjointe du FMI et de l’UE ne va pas sans exigences. Le Premier ministre grec Papandréou a dû rassurer les instances internationales et présenter un plan de restrictions aux Grecs. Gel des salaires dans la fonction publique, hausse de la TVA et réduction des investissements publics figurent parmi les mesures drastiques que le gouvernement s’apprête à adopter, le tout sous l’œil strict des instances européennes. Alors que Ta Nea, le principal quotidien du pays, consacrait sa Une à ces sacrifices, la réponse de la rue ne s’est pas fait attendre : les manifestations grecques du 1er Mai ont viré à l’affrontement avec les forces de l’ordre et la grève générale a été décrétée.

La tourmente belge
Si une issue se profile pour le dossier grec, l’Europe n’est pas près de voir le bout du tunnel pour autant : le Portugal, l’Irlande, l’Italie et l’Espagne accusent également des déficits budgétaires importants et les marchés frileux les obligent à payer très cher pour emprunter. C’est donc une zone euro fragilisée comme jamais que la Belgique devra gérer à partir du 1er juillet, dans le cadre de la présidence tournante du Conseil de l’UE. Manque de chance, le plat pays est lui-même actuellement en pleine tourmente. Le 22 avril, le parti des libéraux flamands a claqué la porte du gouvernement, entraînant la démission du Premier ministre Yves Leterme. A l’origine de cette crise, la remise en cause par les Flamands de certains droits spécifiques accordés aux francophones de Bruxelles, située au cœur de la Flandre. Le conflit linguistique entre les deux communautés empoisonne la vie politique belge depuis des années mais jamais la tension n’avait été aussi grande. Les pires scénarios sont maintenant évoqués par la presse. Face à la menace d’une scission, la Belgique pourra-t-elle assumer la présidence européenne ? Olivier Chastel, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, est lui-même réservé : “La situation est particulièrement délicate. Ce sont loin d’être les meilleures conditions pour terminer les préparatifs et entamer une présidence de l’Union”, a-t-il confié au quotidien belge Le Soir.

 
 
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