Zakaria Boualem trouve scandaleux qu’un
pays Schengen extorque 600 dirhams pour un visa.
Nom : Boualem
Prénom : Zakaria.
né en 1976 à guercif
Signe particulier : Marocain à tendance paranoïaque.
Il y a des choses dans la vie qu’un homme libre est amené à faire alors qu’elles entrent en contradiction profonde avec sa nature, sa philosophie. Demander un visa aux Espagnols, par exemple. Une épreuve insupportable pour quiconque possède un minimum de dignité... Zakaria Boualem refuse normalement d’aller chez des gens qui ne veulent pas le voir, c’est une sorte de principe guercifi de base. Mais là, il est obligé, il doit demander un visa au consulat d’Espagne de Casablanca, et c’est une chose qu’il ne souhaite pas à son pire ennemi… Par où commencer le récit de l’humiliation ? Non, on ne va pas faire un récit, on va balancer les conclusions directement. Point 1. Zakaria Boualem considère qu’il est du droit des Espagnols de refuser de le recevoir. C’est un pays souverain qui peut choisir ses visiteurs, aucune discussion sur ce point. Mais il trouve parfaitement scandaleux qu’un pays | |
Schengen profite de la situation pour extorquer 600 dirhams par dossier, même en cas de refus. On imagine qu’à ce tarif-là, ils doivent faire appel à des prix Nobel pour étudier les dossiers de visa. Pour légaliser un simple papier, c’est 150 dirhams. Faire d’un consulat dans un pays du Tiers Monde un centre de profit est le signe d’une avidité simplement déplacée. Point 2. Cette terrible manie des fonctionnaires de ce consulat de donner des leçons d’éducation à tout le monde est assez étrange. Ils se sentent autorisés à vous parler avec agressivité, mépris, à bafouer votre vie privée, à balancer des sarcasmes, à douter de votre parole... Mais si vous répliquez avec un début d’impatience dans la voix, on vous regarde comme une bête fauve et on vous demande de vous contrôler… Provocation puis indignation, une formule bien connue… Point 3. Les Espagnols aiment bien donner des visas d’une semaine ou même de trois jours. Ils expliquent que c’est parce que vous n’offrez pas suffisamment de garanties. Autrement dit, vous êtes louche… Zakaria Boualem souhaite leur signaler que pour quelqu’un qui souhaite se transformer en immigré clandestin ou en terroriste potentiel, il suffit d’un visa d’une minute. Ces visas à durée ridiculement courte ne servent donc aucun intérêt sécuritaire. Une manière de multiplier les demandes, les dossiers, et donc les frais de dossier ? Point 4. Zakaria Boualem trouve absurde qu’on lui demande de se débarrasser de son téléphone avant d’entrer dans le consulat tout en refusant d’installer une consigne dans ce lieu saint. Autrement dit, on lui demande d’avaler son téléphone ou de le jeter par terre. Et l’écologie, dans tout ça ? Point 5. Il existe dans ce noble établissement une liberté de ton assez étonnante, du côté espagnol s’entend. Dans la bouche d’une cinquantenaire éthylique, responsable du service des visa de son état, Zakaria Boualem a ainsi entendu des phrases aussi brillantes que “Mais vous essayez de nous rouler !” ou encore “Pourquoi vous grognez ?... Vous croyez que votre administration est mieux que la nôtre ?”. C’est formidable, l’amitié entre les peuples. Il est clair qu’un jour, les rapports de force entre le Nord et le Sud vont s’inverser. C’est une fatalité. Il est malheureusement tout aussi clair que Zakaria Boualem n’assistera pas à ce renversement. Mais il espère bien qu’un de ses arrières-petits-enfants vivra cette époque. Un descendant Boualem implacable et odieux, en poste au consulat du Maroc à Madrid, refusant le visa avec le sourire pour se venger des humiliations vécues par son ancêtre à l’époque où il était faible. |