N° 435-436
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

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Force d’impact
J’ai lu avec beaucoup d'intérêt l'article que vous avez consacré aux études d'impact environnemental - EIE (“Le Maroc Vert entre mythe et réalité”, TelQuel n°433). Il est néanmoins dommage de ne pas avoir cité le grand fiasco du projet Méditerrania-Saïdia qui a été réalisé sans EIE. Mais c'est déjà bien de constater que Addoha a fait exception pour la Plage des nations. Par ailleurs, j'ai beaucoup de réserves sur le travail des commissions régionales des EIE. Du fait du statut particulier du gouverneur ou du wali qui préside ces commissions, tout chef de service qui oserait s'opposer au point de vue du gouverneur ou du wali s’exposerait au risque de se faire licencier dans les 24 heures. Autre remarque puisque l'heure est au bilan : où en est le Maroc avec sa Charte verte pour l'environnement et le développement durable ? Il était bien prévu de signer le document lors des festivités de la Journée de la Terre, non ? Que s'est-il passé? Le Maroc manquerait-il de courage pour aller jusqu'au bout de ses aspirations écologiques ?
Mohamed Benata, Oujda.


TGV vs voiture
Passionné de trains depuis l’enfance, je me suis engouffré dans votre numéro 429 avec une avidité sans nom quand j’ai entraperçu en le feuilletant votre article sur le TGV Sarko (“Que les anti-TGV lèvent le doigt”). Je suis au courant de ce projet depuis son annonce. Fan, pour ne pas dire ivre de TGV, je m’étais dit à l’époque : “Un TGV au Maroc ? Génial !” Là-dessus, fin juin 2009, je décide de partir découvrir le Maroc en voiture. Au cours du premier mois de ce séjour, je constate qu’il y a relativement peu de voitures au Maroc, des autobus interrégionaux de nuit, pas chers même si pas forcément rapides, des petits taxis et des taxis collectifs à foison et surtout… des autoroutes vides. Toutes ces petites observations mises en pelote font une grosse pelote qui à la fin se débobine : ce TGV est une ineptie de plus, pas du tout la formule adaptée au pays. Un TGV pour qui ? Pour quoi ? A combien la place ? Quelle fréquence ? Toutes ces questions sont posées par votre article, à raison. A nouveau de visite dans votre pays, une petite conversation ce midi avec un jeune ami marocain me met une autre puce à l’oreille : un TGV, pourquoi pas ? Parce qu’au Maroc il y a encore peu de voitures et qu’une ligne TGV offrirait d’emblée une alternative crédible, bien avant que le tout automobile ne l’emporte haut la main. Les transports en commun, quoique encore un peu vétustes dans certaines villes, gaillardement épaulés par des armadas de petits taxis et de grands taxis collectifs, sont l’atout majeur dans la lutte pour l’interdiction définitive et sans appel de la voiture dans la ville.
Richard Martin, Paris.


Casanegra
J’ai récemment été impressionné par l'état de délabrement du boulevard Mohammed V à Casablanca et je me suis demandé quel patron d'une ville aussi importante dans le monde accepterait une telle représentation de sa commune… Ce boulevard fait penser, sans aucune exagération, à un pays en guerre. Evidemment, on viendra nous expliquer que les procédures sont longues, que les projets sont en cours, que les budgets sont insuffisants... mais ça, c’est le problème des élus. Nous, nous payons nos impôts, alors faites votre travail ! D'ailleurs, de quel responsable d’entreprise accepterait-on ce genre d'excuses ou autant de retard dans la réalisation de ses objectifs ? Quel triste visage du Maroc en mouvement nous offrons aux touristes, aux hommes d'affaires, à nos MRE, aux investisseurs et à nous-mêmes Marocains !
Mehdi Kettani, Casablanca.


Case départ
Je tiens d'abord à vous féliciter pour l'interview avec Bernabe Lopez Garcia (TelQuel n°433), grande figure et spécialiste du Maroc. A travers les réponses de cette sommité, on découvre son grand amour pour le Maroc et pour les Marocains. Pour autant, j’ai envie de dire que le conflit du Sahara n'a pas besoin de théories, mais d'une volonté politique de la part des uns et des autres. Depuis que le Maroc a proposé son plan d'autonomie, nous sommes revenus à la case départ, Bernabe Lopez Garcia le dit d’ailleurs très bien lui-même. Le Maroc essaye d'imposer sa thèse et le Front Polisario campe sur la revendication du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Pour arriver à une solution, une partie doit faire des concessions. Laquelle ? Le temps nous le dira…
Abdellah Bakri, Marrakech.
 
 
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