Par Fahd Iraki
|
Fahd Iraqi
f.iraqi@telquel.info
(TNIOUNI)
|
|
ne peut-on pas trouver une autre formule, un peu plus dynamique, pour procéder à cette présentation de la politique générale ?
75 minutes chrono
Ce qu’elle était longue, cette déclaration gouvernementale. On ne parle pas du temps qu’ont mis Benkirane et son équipe pour la coucher sur papier. Mais du temps qu’il lui a fallu pour la lire devant les élus. Quasiment 75 minutes de discours pour faire la lecture d’une centaine de pages. Le Chef du gouvernement a beau écrire le speech le plus convaincant du monde, faire les déclarations les plus fracassantes, donner les promesses les plus alléchantes, introduire même les vannes les plus marrantes… On finit forcément par
|
|
décrocher. 75 minutes, c’est une éternité. Vous vous imaginez tout ce qu’on peut faire en 75 minutes ? Par exemple, encaisser deux buts contre la Tunisie, déjeuner et faire la sieste, regarder en avance rapide toute une saison de 24h Chrono… D’ailleurs, à la fin de son discours marathon, la barbe de Benkirane avait pris deux centimètres et il a dû descendre douze verres d’eau minérale cul sec. Alors une question : ne peut-on pas trouver une autre formule, un peu plus dynamique, pour procéder à cette présentation de la politique générale ? Pourquoi pas des exposés powerpoint du Chef de gouvernement mais aussi de ses ministres où chacun présente la vision globale de son secteur ? ça prendrait peut-être plus de temps, mais ça serait nettement moins ennuyeux. De toute façon, les députés mettent une semaine pour lire et relire les détails de la prose gouvernementale. On a 60 mois pour y réfléchir…
Benky à Davos
Pour son premier déplacement officiel, Abdelilah Benkirane va représenter le Maroc au Forum de Davos. Il sera au milieu de cette caste mondiale, ces gens de pouvoir qui se retrouvent pour discuter de la manière d’accroître leur pouvoir. Pour l’occasion, notre Chef de gouvernement s’est payé trois nouvelles cravates, a embarqué son tapis de prière avec boussole indiquant la Qaâba et sorti son burnous en laine qu’il ne changerait pas contre tous les imperméables du monde. Brrrr ! Il neige dans les Grisons suisses… Benky a tout prévu. Il s’est même entraîné à exécuter la bise invisible, sans bouger les lèvres et sans agripper son homologue. Wallah ! On ne la lui refera plus à la Mariano Rajoy, le Chef de gouvernement espagnol, qui s’est dérobé la semaine dernière pendant la manœuvre de Benky. Cette nouvelle technique, elle l’arrange bien au cas où il croiserait Angela Merkel dont Madame Benkirane serait particulièrement jalouse. Benky sait qu’à Davos, on parle finance, technologies, médecine, spiritualité, art… Alors, au cas où il se tromperait de salle de conférence, notre Chef de gouvernement a prévu un discours pour chacune des thématiques. Son préféré, celui traitant de spiritualité : pas de blabla, juste un clip où, sur fond musical de Bismillah, on voit les larmes de Benkirane pendant Salat Al Istisqaâ suivie d’une pluie miraculeuse. Dernière chose, les indignés venus de toute l’Europe jouer aux trouble-fête n’ont qu’à bien se tenir pendant que Benky parle. Il est capable de sortir lui-même de la salle pour leur demander poliment de la fermer. Placé sous le thème “la grande transformation”, ce Forum de Davos ne risque pas de nous transformer notre Benky national, apprécié entre autres pour son naturel. D’ailleurs, ce n’est pas lui qui risque de profiter de ce déplacement pour ouvrir un compte dans une banque suisse.
Tanger movies
Le Festival national de Tanger, c’est un peu ce Marock qu’on aime. On voit plein de films, on boit beaucoup de cinéma et on discute 7ème art. L’ambiance est géniale dans la ville de ce qui était Le bout du monde. On déambule sur le boul’ivard, on papillonne entre les ptit’bars. On y croise tout le Choubi’z qui se fait la quadruple bise. On s’y gave de tapas, à base de gambas… Sur la planche du comptoir, on s’abreuve de bonnes histoires. Celle d’un foulane qui a tapé sur un doyen, ça lui apprendra de traiter son long de moyen. On entend parler d’Edgar Morin, son absence, son mariage et autres potins. On évoque Le retour du fils prodige, celui qui n’avait plus un rond, pour terminer son long et ce jury qui y trouve du bon. La cérémonie de clôture ? Beaucoup d’agitation pour une invitation et au final, zéro animation. Et bien sûr, il y a ce palmarès où chacun trouve des faiblesses. Croyez-le, le Festival de Tanger est magique. Les stars du grand écran sont toutes là… Ils ne sont pas dans Un film, ils laissent de côté Le scénario et en vrai, ils sont encore plus drôles que dans leurs meilleurs rôles. Et dire que parmi les gens de La Mosquée, ces adeptes de L’enfant Cheikh, il y en a qui prend ce beau monde pour des Mécréants. Ils n’ont rien compris, ce sont Les hommes libres d’un cinéma qui, malgré eux, restera libre. |
|