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Par Clair Rivière
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Depuis le début de la révolte, la répression des manifestants aurait déjà fait plus de 5400 morts selon l’ONU. (AFP)
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La Ligue Arabe demande à Bachar Al Assad de transférer des prérogatives à son vice-président, avant de former un gouvernement d’union nationale. Le régime refuse, et les violences se poursuivent.
Le constat est amer, et c’est le chef de la diplomatie saoudienne, Saoud Al Fayçal, qui a fini par le tirer. “Le gouvernement syrien n'a respecté aucune des clauses” du plan arabe destiné à mettre fin aux violences. L’Arabie Saoudite a donc pris acte de l’échec de la mission d’observation |
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de la Ligue Arabe, et décidé de rappeler ses observateurs. La répression se poursuit toujours en Syrie : l’ONU parle désormais de plus de 5400 morts depuis le début de la révolte, il y a dix mois. Contestée depuis son arrivée sur le terrain, le 26 décembre, la mission d’observation est censée surveiller l’application du protocole prévoyant l’arrêt des violences, le retrait des chars des villes et le déplacement libre des médias étrangers et des observateurs. Un plan accepté par Damas, qui n’a pourtant pas facilité la tâche de la mission, obligée de travailler sous son contrôle étroit. “Les officiels espéraient recueillir des informations de nos passages dans [les] quartiers chauds”, a confié au journal Le Monde Anouar Malek, qui faisait partie de la mission, avant d’en démissionner en dénonçant une “farce”. “Nos téléphones étaient écoutés. Certains de mes collègues ont trouvé des micros dans leur chambre d’hôtel”, affirme ce journaliste algérien.
Un gouvernement d’union ?
Malgré tout, la Ligue Arabe a décidé de prolonger le mandat de la mission d’observation, dont le rapport n’a pas été rendu public. Réunie au Caire le 22 janvier, l’organisation a présenté un nouveau plan de sortie de crise, suivant un scénario “à la yéménite”. La proposition d’envoyer des troupes, émanant de l’émir du Qatar, n’a pas été retenue.
La nouvelle initiative appelle Bachar Al Assad à déléguer “des prérogatives au vice-président”, de manière à pouvoir former un gouvernement d'union nationale, appelé à être mis en place dans les deux mois. Ce cabinet devra être “présidé par une personnalité de consensus”, et sera chargé d’organiser “des élections législatives et présidentielles pluralistes et libres, sous supervision arabe et internationale”. Le plan demande également au “gouvernement et à tous les courants de l'opposition d'engager un dialogue sérieux (…) dans un délai [de] deux semaines”. Le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Cheikh Hamad Ben Jassem Al Thani, a aussi menacé d’avoir recours à l’ONU, à qui il demande de soutenir le plan. “Si cette initiative n'est pas mise en œuvre, a-t-il déclaré, nous irons au Conseil de sécurité où des décisions seront prises”.
Le régime dit non
La réaction des autorités syriennes ne s’est pas fait attendre. Dans la matinée du 23 janvier, un responsable du régime, cité par la télévision d’Etat, a catégoriquement rejeté ce nouveau plan. Pour Damas, il s’agit là d’une “ingérence flagrante dans ses affaires intérieures”. Du côté de l’opposition, le scepticisme domine. Burhan Ghalioun, le chef du Conseil national syrien (CNS, plus important groupe de l'opposition), a affirmé que “toute transition en Syrie devra être précédée d'une annonce de départ de M. Al Assad”. Pour leur part, les Frères musulmans étaient particulièrement satisfaits de “la clause prévoyant que Bachar Al Assad passe la main à son vice-président”. Quant aux Comités locaux de coordination (LCC), qui organisent la mobilisation sur le terrain, leur réaction a été beaucoup plus critique. Selon eux, la Ligue Arabe a “échoué à adopter une solution qui répond aux attentes des Syriens”. A leurs yeux, cette nouvelle initiative “donne au régime un nouveau délai pour poursuivre la répression”.
Pendant ce temps-là, le décompte macabre se poursuit. Rien que pour la journée du 23 janvier, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a dénombré dix civils tué par les forces de sécurité. |
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