N° 507
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Ecrivez-nous ! Faites-nous part de vos commentaires, critiques ou encouragements.

E-mail : (courrier@telquel.info). Fax (022 22 05 63). Lettres (28, avenue des FAR, Casablanca).



L’eau, l’air et la liberté d’expression
Fantastique ce dossier sur l’affaire L7a9ed (L’autre (notre) Maroc a gagné, TelQuel n°506). Les journaux d’opposition au régime en place et à son système de répression sont peau de chagrin et il fait bien de défendre ceux qui luttent pour un Maroc meilleur. La situation actuelle est plus que catastrophique. Nous sommes au XXIème siècle et des artistes et des journalistes continuent de se faire emprisonner pour ce qu’ils chantent ou écrivent. L’Iran fait ici figure de modèle à suivre, plutôt qu’à repousser. C’est révoltant. Mais, dans ce grand malaise politique, il est intéressant de constater que ce sont toujours les mêmes recettes qui sont à l’œuvre. On utilise un fait anodin, ici une vulgaire bagarre de rue, pour construire tout un dossier et incarcérer un militant politique de première ligne, un chanteur connu du Mouvement du 20 février. La méthode est vieille comme le monde. Les leaders gênent et ceux qui ne sont pas enclins au changement veulent les supprimer. Et tous les moyens sont bons. Ce qui est choquant, c’est qu’aujourd’hui la population marocaine s’attend à de profonds changements de mentalités et de fonctionnements de ses institutions, plutôt que la remise au goût du jour de pratiques douteuses. Battons-nous encore et toujours pour la liberté d’expression. Au même titre que l’eau ou l’air, la liberté d’expression est le minimum vital pour tout individu. Ainsi, il pourra participer à la marche de son pays et prendre les décisions que d’autres prennent à sa place encore aujourd’hui.
Hassan Zegafar, Casablanca


Al Adl vs PJD ?
C’est la première fois que je vous écris et je souhaite réagir à cet article que vous avez écrit sur la Jamaâ de Cheikh Yassine (Mais à quoi joue Al Adl ?, TelQuel n°406). Les militants d’Al Adl Wal Ihsane sont de fins politiciens. Nous les avons beaucoup côtoyés dans le Mouvement du 20 février avant leur retrait dudit mouvement. La plupart des médias ont présenté la sortie de ces islamistes du M20 comme la volonté de faire une trêve avec les islamistes du gouvernement. Mais, à mon humble avis, et pour ce que j’en ai vu, cette raison n’a aucune valeur. Les islamistes de la Jamaâ ne sont pas les islamistes du PJD. Ils font tous deux référence à l’islam dans leur principes fondateurs mais les PJDistes sont une pure création du pouvoir. Ils existent pour donner l’impression que la démocratie a triomphé aux élections législatives anticipées alors qu’Al Adl propose un véritable projet de société, même s’il fait peur : il entend appliquer la Charia tout simplement. Alors, in fine, tant que la gauche marxiste du M20 - soit dit en passant, leur pire ennemi - n’est pas à même de changer la donne politique, ils ne feront aucune alliance avec les islamistes opportunistes du PJD. Comme on dit, islamiste un jour, islamiste toujours. L’avenir me donnera raison ou me donnera tort.
Fouad El Khaddaq, Tanger


Stop immolation !
On en parle beaucoup mais le fait mérite que l’on s’y attarde. Le mouvement de lutte des diplômés chômeurs ne cesse de croître et le nouveau gouvernement en place, comme le précédent, a décidé de lui répondre par la force, au lieu de trouver des solutions adéquates à tout ce petit monde. Une partie de la population met en avant le fait qu’il y ait du travail dans le privé, que les diplômés chômeurs n’ont qu’à y aller plutôt que d’espérer avoir un poste dans le public. Ce que l’on oublie dans tout ça, c’est que personne ne veut d’un emploi au rabais, être payé 2000 dirhams pour un emploi qui en vaut le double dans le public et, en plus, sans certitude de le garder toute sa vie. Et tout ça, bien sûr, après avoir fait de hautes études ! On peut toujours bavarder sur le pourquoi du comment mais le gouvernement doit répondre aux exigences de sa population. Les immolations en série qui ont cours dans ce mouvement ne révèlent-elles pas un jusqu’au-boutisme qu’il faut solutionner par des mesures concrètes ? L’heure de la répression a plus que duré, place au débat et aux réformes concrètes effectives. Mettez fin aux immolations en série. Trouvez du travail aux chômeurs. Vite, s’il vous plaît.
Hanane Zouhrid, Marrakech


Le casse-tête tribal
La révolution yéménite illustre avec force la difficulté de construire un projet de société cohérent lorsque le mouvement de contestation qui le défend est aussi hétéroclite. Rappelons que le mouvement comprend la jeunesse, l’opposition traditionnelle, les islamistes mais aussi une partie de l’armée. Jusque-là, cette révolution pourrait ressembler à ce qui a eu cours en Egypte. La différence, et pas des moindres, est la présence des tribus. Car le Yémen est un pays au fonctionnement politique et social profondément tribal et chaque individu est pénétré de cette essence tribale : les jeunes, l’opposition traditionnelle, les islamistes et l’armée. L’équation devient très complexe et le pouvoir en place, que ce soit Ali Abdallah Saleh ou l’ensemble des monarchies du Golfe par l’entremise du Conseil de coopération du Golfe, entend jouer sur ces contradictions tribales pour affaiblir le mouvement de révolte et, ainsi, placer les mêmes dirigeants qui défendront les mêmes politiques anti-démocratiques. Malheureusement, il me paraît enfantin ou opportuniste de croire que les poèmes des révoltés auront raison des canons des dirigeants yéménites.
Abdelmalik Fizazi, Rabat
 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2009 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés