Dim 19 Mai 2013
Abonnez-vous à la version papier de TelQuelLes rues marocaines sont devenues le théâtre d’un racisme “anti-noir” quotidien, violent, intolérable. TelQuel joint sa voix à celle de l’auteur de cette lettre ouverte pour dire : “Attention, stop, baraka !”
Amis marocains, l’urgence du moment m’oblige à vous écrire cette lettre de souffrance. J’ai découvert le royaume chérifien il y a quinze ans lors d’un séjour d’études. Je me souviens, comme si c’était hier, de l’accueil, de la générosité et de la disponibilité des gens. Partout, c’étaient les mêmes scènes : sourires, curiosité intellectuelle et invitations interminables. J’étais doublement chouchouté. Parce que j’étais étranger, mais surtout parce que j’étais sénégalais. Cette marque de considération, je l’ai su plus tard, est une longue tradition entre les deux peuples. “Sénégal, Maroc, c’est kif-kif. Nous sommes des frères !” me répétaient les garçons de café ou les chauffeurs de taxi. Effectivement, j’ai eu l’occasion de le vérifier durant toutes ces années et lors de mes nombreux séjours au Maroc.
Mais que s’est-il donc passé ?
Ce qui sourd depuis quelques mois nous accable vous et moi. Des récits d’agressions s’égrènent par-ci, des témoignages de propos xénophobes se multiplient par-là. Des leaders d’opinion et des hommes de pouvoir dérapent en toute quiétude, etc. Je n’ai pas rêvé ni fantasmé puisque ce sentiment est partagé par beaucoup de mes “frères subsahariens” rencontrés dans les bleds du royaume.
Pourtant, vous aviez fait de ce “couchant”, L’Maghrib, notre lever de soleil, notre seconde patrie. Nous qui avions quitté la nôtre pour diverses raisons, vous nous aviez adoptés comme vos frères ou vos enfants. Notre proximité religieuse facilitait encore plus les choses. Ne sommes-nous plus les bienvenus? L’accueil légendaire du peuple marocain s’est-il émoussé avec les tourments et les inquiétudes du quotidien ? La crise (économique et sociale) suffit-elle à tout expliquer, tout permettre, tout pardonner ? Je ne crois pas.
Paradoxe, c’est au moment où un parti islamo-conservateur arrive au pouvoir que les valeurs de tolérance, d’ouverture et d’hospitalité prônées par l’islam et le rite malékite s’affaiblissent de manière criante. C’est au moment où le pays, grâce à la force et la détermination des mouvements associatifs et politiques, questionne de nouveau ses principes de liberté, de démocratie et de sécularisation que le repli s’organise. C’est au moment où la jeunesse marocaine semble ouvrir des brèches dans le bloc des conservatismes, archaïsmes et inégalités de la société, que les légendes des “mangeurs d’enfants” refont florès.
C’est au moment où on atteste des vertus de la circulation des informations et des hommes que la terrible concaténation (le nombre d’immigrés équivaut au nombre d’étrangers) chère à l’extrême-droite européenne fait écho dans le pays de Moulay Idriss.
L’immigration, ce nouveau tabou
Certes, l’ignorance est parfois le vecteur de comportements inacceptables, mais il ne faut pas se tromper de douleur ni de révolte.
Je ne comprends pas mes amis qui se taisent. “A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis mais des silences de nos amis”, disait Martin Luther King. Je vous écris, chers amis marocains, parce que la perspective de voir cette terre aux valeurs multiséculaires emprunter cette mauvaise pente m’insupporte. L’idée que les difficultés aient réussi à voiler les yeux des grands esprits et déjouer toutes les vigilances me crève le cœur. L’idée que la promesse chérifienne, taillée dans les racines de la tradition et hissée sur les ailes de la modernité, soit un temps oubliée me paraît inimaginable. Et pourtant.
J’assiste depuis quelques mois avec délectation aux joutes politiques et sociétales sur la religion, la corruption, la sexualité, l’éducation, l’avortement, l’homosexualité, la liberté de conscience... S’il vous plaît, ajoutez-y l’immigration, ce nouveau tabou !
Ce qui est en cours n’est pas irréversible. Je suis même profondément persuadé que c’est une parenthèse et que vous allez bientôt la refermer.
Pour cela, nul dahir n’est nécessaire. Seulement une parole forte pour rappeler les valeurs qui vous caractérisent depuis la nuit des temps. Une parole pour dire: “Mat9ich sahbi !”, “Mat9ich khouya !” comme vous disiez “Mat9ich bladi !” lorsque d’autres valeurs étaient attaquées.
Je vous écris parce que je suis un ami et un amoureux du Maroc. Je ne peux me résoudre à le voir tourner le dos à son âme en vous regardant dans les yeux et en vous disant “koulchi bikhir”.
* Architecte
01 Enquête. Stars, fric et paillettes
02 Urbanisme. Casablanca la neuve
une honte!
Il est triste de noter que l'image du marocain est en constante détérioration auprès des gens qui sont historiquement proches du Maroc (principalement les pays d'Afrique francophone).
En effet, leurs visiteurs au Maroc (étudiants, touristes, voyageurs en transit, et même homme d'affaires) subissent de manière violente et ouverte la haine et le racisme latent d'une grande partie des marocains...
Les "3ezzi", "serra9 zite", "cannibale", "singe" et "7ayawane" fusent dans la rue, et sortent autant de la bouche des classes sociales les plus défavorisées que de celle de la prétendue élite du pays... Le sub-saharien est l'objet de tous les fantasmes et de tous les préjugés: il est tantôt sorcier tantôt violeur, sent mauvais, a un régime alimentaire bizarre, et j'en passe...
Marier sa fille ou son fils a des sub-sahariens est toujours la pire chose qui puisse arriver dans une famille marocaine musulmane malikite supposée ouverte et tolérante, et même nos dirigeants, alors que l'Afrique est l'avenir et la seule échappatoire du Maroc, ne s'y déplacent qu'en cas d’extrême nécessité, et le minimum possible...
Pendant ce temps, nos amis sub-sahariens continuent de venir payer des chambres a prix rédhibitoire dans nos hôtels, font du shopping dans nos malls, achètent des villas a Marrakech ou Anfa, envoient leurs enfants a prix coûtant étudier dans des pseudo- grandes écoles privées marocaines, renflouent les caisses de la zaouia tijania et sauvent la RAM de la faillite en lui payant les billets les plus chers du monde.
Je suis triste et déçu de voir mon pays malmener les seuls populations étrangères qui nous accordent crédit et confiance, tout en étant beaucoup plus proches de nous que nos compatriotes veulent bien l'admettre...
Signe: Un amoureux de l'Afrique, qui passe son temps a voyager dans plus de 25 pays depuis quelques annees...
Out l'étranger !
Il est bien dommage de lire ces choses là car pour ma part les seules choses qui devraient être considérées comme "étrangères" au Maroc ce sont ces idées et propos racistes ! Merci pour ce rappel.
Article
Ce phénomène social ne se trouve pas uniquement dans les rues , mais aussi dans les universités et les grandes écoles. Pour plus de clarifications voici un article qui parle du racisme à l'Ecole Nationale d'Agriculture de Meknès.
http://www.youscribe.com/catalogue/presentations/education/sciences-de-l...
Racisme!!
Comment est ce possible?? le MAROC??? Du racisme au MAROC?? Les Européens vous auraient-ils contaminés?
Je trouve déjà hallucinant lorsque je zappe sur les télés maghrébines d'entendre parler une langue que j'appellerai
du "frarabe". C'est vraiment bizarre cette nouvelle façon de parler, des phrases avec 3 mots en arabe et 2 en français!!
Je refuse de croire que le Maroc est entrain de perdre son âme. Cette âme généreuse, hospitalière, fraternelle, affectueuse,
joyeuse, fière, patriote et tellement attachante. Allah y hfed le Maroc.
c'est la misere
C'est vrai ce que tu as écrit,le peuple marocain et sénégalais sont des frères et s'aiment bien , moi -même en tant que commercial j'avais visite votre pays et j'ai constate la générosité et la bonté des sénégalais.La cause est les autres africains qui envahissent le pays et font la concurrence aux mendiants ,aux prostitues et a d'autres misérables. La semaine dernière ,j'ai été témoin d'une scène au feux de croisement.Les automobilistes au feu rouge donnaient quelques pièces sonnante a une africaine qui tenait dans ces bras 2 bébés ,juste a cote un marocain handicape furieux de la concurrence s'attaquait a la femme avec ces béquilles et hurlait, on n'est pas mieux lotis que vous,on est pas l'Europe.
Personnellement j'avais essaye d'approcher dans le passe des africains ,hormis les sénégalais, je l'ai trouve antipathique, méfiant et escrocs.Je ne généralise pas mais c'est mon constat personnel.