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Par Hassan Hamdani
La liberté sexuelle est un droit de lhomme
| Antécédents |
Abdelkader Lagtaâ
Cinéaste
(AIC PRESS)
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| 1948. |
Naissance à Casablanca. |
| 1968. |
Rencontre sa future femme en Pologne. |
| 1982. |
Naissance de son fils. |
| 1992. |
Sortie dUn amour à Casablanca. |
| 2007. |
Sortie de Yasmina et les hommes. |
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Smyet bak ?
Ahmed Ben Mohamed.
Smyet mok ?
Tamou Bent Brahim.
Nimirou dla carte ?
Je ne men souviens pas. Et impossible de vérifier car je me suis fait voler ma carte didentité il y a 2 ans.
Si vous ne lavez pas renouvelée, cest que vous devez être exempté des affres du contrôle didentité
En général, les policiers me reconnaissent dans la rue comme à la douane. Certains douaniers me demandent même des nouvelles du dernier film. Dautres me reprochent de ne pas montrer leur profession au cinéma.
Un douanier serait-il moins télégénique quun flic ?
Ni plus ni moins. La question est ailleurs. Un réalisateur marocain na jamais les mains libres quand il désire créer un personnage de flic. On vous demande de présenter une image édulcorée et lisse de la police. En bref, de nier la réalité. Je ne doute pas du fait quil existe des policiers honnêtes, mais lune des fonctions dun film est de dénoncer ce qui ne va pas.
Pourtant, vous avez fait appel à de vrais gendarmes dans votre film La porte close.
Oui, mais non sans mal. Jai dû apporter des modifications à une scène pour obtenir leur collaboration. Dans lun des dialogues du film, un gendarme avait notamment une réplique anodine où il disait hadak khayna. On ma demandé de remplacer khayna par mouwatine, sous prétexte quun gendarme était forcément très poli avec ses concitoyens. En plus, des gradés étaient présents pour surveiller le tournage de la scène, afin que je ne rajoute aucune réplique non prévue.
On ne vous savait pas si conciliant avec les autorités
Je les ai laissé faire, car javais besoin de costumes de gendarmes dans le film. Je savais déjà, en filmant cette scène, que je couperai les dialogues au montage pour nutiliser que les images.
Ces gendarmes savaient-ils quils participaient à un film traitant de lhomosexualité ?
Non, bien évidemment. Mais ils ont dû lapprendre quand La Porte close a été censuré. La raison officielle : Certaines scènes portent préjudice au métier dinstituteur. En réalité, mon film na pas eu la chance de porter préjudice à qui que ce soit, puisque les exploitants de salles de cinéma ont refusé de le diffuser, sous prétexte que leur public était familial.
Dans votre bouche, traiter de lhomosexualité sonne comme un droit de lhomme.
Bien entendu. Le fait même dêtre homosexuel est un droit. Cela ne rime à rien de parler de démocratie en construction, si on nie le droit à la différence pour les minorités sexuelles. Cest également une ligne rouge quil nous faudra franchir un jour.
Dans ce cas, vous devez jubiler devant le coming out de lécrivain Abdallah Taïa.
Je suis très heureux de le voir assumer sa différence. Cest un acte de courage qui inspirera sans aucun doute dautres personnes. Jadmire cet homme que je dois dailleurs rencontrer, pour la première fois, la semaine prochaine.
Et la liberté sexuelle des femmes dans vos films, cest un droit de lhomme aussi ?
Oui. Mes personnages féminins ne sont pas des femmes asexuées. Je respecte lintégrité de leur personne en les montrant comme des personnes ayant une sexualité active. Jaime les filmer car elles sont un excellent thermomètre des contraintes de notre société et de lévolution en cours.
En franchissant ces lignes rouges sexuelles, est-ce la sortie de route assurée au Maroc ?
Oui. Et tant que lislam sera religion dEtat, je resterai pessimiste quant à la possibilité daccepter les différences et datteindre une véritable liberté dopinion. |
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