|
Pages coordonnées par Cerise Maréchaud
Théâtre. Scène citoyenne
|
La compagnie Dabateatr. (DR)
|
Remettre le théâtre au cœur de l’agora, réhabiliter son sens de lieu de concertation et de débat : telle est la raison d’être de l’initiative Dabateatr citoyen.
Dabateatr citoyen se veut un laboratoire pluridisciplinaire, convoquant écrivains, metteurs en scène, danseurs, comédiens et musiciens pour multiplier les rendez-vous artistiques et jeter des ponts entre la scène et le public. A l’origine de l’expérience : l’auteur Driss Ksikes et le metteur en scène Jaouad Essounani, primés pour la pièce Il/Houwa. Cette fois, le tandem a imaginé “L’khbar F’lmasrah”, “un concept qui |
|
| consiste à modeler la matière médiatique avec de la pâte théâtrale”. Une pièce à voir deux soirs par mois (dès les 6 et 7 octobre) à l’Institut français de Rabat, pour interroger, sur un ton acerbe ou burlesque, l’actualité qui file si vite qu’on en saisit à peine le sens. Par ailleurs, une fois par mois, les soirées “Scène pour tous” révéleront la création originale d’une jeune troupe, comme Beldi Roumi (5 octobre). Au programme également, des moments “Arts vivants”, où l’on découvrira un danseur, chorégraphe ou vidéaste, inaugurés avec le spectacle Végétalité de Salima Moumni (2 octobre). Chaque premier du mois, l’IF de Rabat accueillera un concert Barry le 1er octobre. Sans oublier les sessions de lecture de textes, débats et ateliers de formations trois fois par semaine. C.M. |
Concours. 2.0 sur 2.0
Il y a une vie au-delà du SMS. Après la France et l’Allemagne, le Mobile film festival débarque au Maroc, dont plus de 23 millions de citoyens ont un téléphone portable. Ouvert à tous, le festival, organisé par l’association Art Up, ne demande que deux choses : des films de moins d’une minute, et tournés avec un portable. Téléphone dernier cri ou pas, c’est la créativité qui l’emportera. Meilleur film, meilleur scénario, meilleur travail d’un étudiant en audiovisuel : c’est un jury présidé par le réalisateur Noureddine Lakhmari qui fera son choix, laissant aux internautes le soin du Prix du public. Pour déposer sa candidature, il suffit de déposer son film en ligne sur www.mobilefilmfestival.ma du 5 octobre au 3 décembre. Pour voter, ce sera du 5 au 17 décembre, jour de la cérémonie de clôture au Théâtre Mohammed VI de Casablanca. Plus d’infos : artup.prod@gmail.com. Meryem Saadi
|
Poésie. Khaïr-Eddine au Panthéon
Un des plus grands écrivains marocains du siècle dernier : Khaïr-Eddine. La plus prestigieuse collection de poésie de l’édition française : Poésie/Gallimard. Le mariage ne pouvait être plus hype, pour le plus grand plaisir des bibliophiles. Avec la parution, en cette rentrée, du recueil Soleil arachnide, la poésie marocaine entre dans le saint des saints, la célèbre collection qui accueille les plumes célèbres de la littérature mondiale : Jorge Luis Borges, Mahmoud Darwich, Nazim Hikmet, Pablo Neruda, Jack Kerouac ou Adonis. Ecrit il y a quarante ans, Soleil arachnide n’a rien perdu de sa puissance évocatrice. Le recueil est traversé de la force descriptive présente dans toute l’œuvre de Mohamed Khaïr-Eddine : la révolte nue, le désespoir lucide, l’amour de la terre et des gens de son terroir. Une écriture flamboyante par la plume acérée du poète de Tafraoute. A placer dans toutes les bibliothèques. Youssef Aït Akdim
|
Bande dessinée. De mal en rire
H uit ans après le 11 septembre 2001, le journaliste français Mohamed Sifaoui soigne la terreur par le rire, via sa bande dessinée Ben Laden dévoilé, coproduite avec le dessinateur Philippe Bercovici. Nourrissant son travail de quatorze ans d’investigation, il démystifie le personnage tant redouté par une grande partie de la planète. Garçon naïf à l’allure grotesque, Ben Laden n’apparaît ni comme un prophète, ni comme un monstre. L’auteur retrace sa biographie ainsi que l’islamisme politique de ces trente dernières années, tout en critiquant, humour à l’appui, les gouvernements occidentaux ou la situation de la femme en terre d’islam. Certes, cette BD informative et militante continue de soulever les polémiques, mais le journaliste est résolu à mener son combat d’idées. Il pourrait même reprendre cette réplique imagée de Ben Laden : “Personne ne pourra dire que l’on ne se tue pas à la tâche”. Sophia Benhaddou
|
Album. Esclavage moderne
Non, le metal marocain n’est pas mort et enterré. La preuve par Sakadoya. Le groupe de death metal, vainqueur du Tremplin L’Boulevard et de Génération Mawazine en 2008, vient enfin de sortir son premier album. Financé par l’association Maroc Culture et produit par le Canadien Stephan Lucacic, “Back to The Age of Slaves parle de “l’esclavagisme moderne”, explique Khalid, le chanteur de ce groupe venu de Settat. Il a choisi d’écrire les huit titres de ce premier opus en anglais, à l’image de leurs groupes de prédilection tels Chimaira, Lamb of God ou encore Devildriver. A partir du 28 septembre, les points de vente de l’album seront sur le site Myspace.com/sakadoyaband, où quelques morceaux sont déjà en ligne. M.S. |
Evénement. A Tanger, fais ce qu’il te plaît
On ne parle pas de renaissance de Tanger pour rien. Fidèle à sa réputation de carrefour culturel, la ville du détroit fête plus que d’autres la fin du ramadan. Du 26 au 29 septembre, c’est d’abord le somptueux Palais des institutions italiennes Moulay Hafid qui accueille Chouf Ouchouf, la nouvelle création du Groupe acrobatique de Tanger, à la veille d’une tournée européenne cet automne. En parallèle se poursuit, jusqu’au 2 octobre, le 5ème festival Tanger sans frontières, à travers des expositions Efemmeras, avec les œuvres d’Amina Benbouchta, Eva Davidova, Safaa Erruas, Susana Guerrier, Jamila Lamrani et Mer Solís (jusqu’au 23 octobre) ainsi que des tables rondes, des ateliers (vidéo digital, peinture, papier, sculpture), de la poésie et de la musique. Enfin, le jeune groupe de rock tangérois The Candles ouvre le bal à la Cinémathèque lundi 28, avant le concert de l’Espagnole Sole Gimenez mardi 30 au Palais Moulay Hafid. C.M.
|
Anthologie. Aux racines du raï
Avis aux mélomanes. Connu pour sa passion des sons bruts à l’origine des musiques du monde, le très pointu label de Seattle, Sublime Frequencies, vient de compiler le meilleur de la jeune scène wahrania. 1970’s Algerian Proto-Raï Underground est une sélection d’anthologie, née d’une fouille minutieuse parmi les vieux vinyles 45-tours de l’Algérie fraîchement indépendante, quand le raï mettait des mots sur la transition d’un pays entre ruralité et urbanité. Revisitant, dans les cabarets d’Oran, les thèmes traditionnels avec trompette et guitare électrique, les héros du proto-raï - Messaoud Bellemou, Cheikh Benfissa, le Groupe El Azhar, Boutaiba Sghir, Cheb Zergui - furent les pionniers longtemps ignorés de ce genre au rayonnement mondial, qu’ils teintèrent de groove et de pop, bien avant leurs descendants Khaled, Cheb Mami... Respect. C.M. |
Alter ego
Reprenant le concept d’altérité cher aux grands penseurs du XXème siècle tels Derrida, Levinas ou Kundera, l’universitaire Atmane Bissani souligne l’importance de la rencontre possible comme moment de formation de l’identité, dans son nouvel ouvrage De la rencontre, Essai sur le possible. Pour ce professeur de littérature française à Errachidia, la rencontre se vit dans l’action présente et doit s’éloigner du mythe de pureté raciale ou des approches comparatives. Principal outil de cette ouverture à l’autre ? La traduction, sans laquelle l’accès aux savoirs des autres civilisations aurait été impossible.
Au bonheur des fans
Pour le plus grand bonheur des mordus de la chanson française, Gérard Lenorman s’invite pour la première fois dans le plus beau pays du monde. Icône de la scène musicale française des années 1970, Disque d’or en 1978 pour son album Nostalgies, le “petit prince” à la candeur légendaire et au répertoire optimiste “La Ballade des gens heureux”, “Si j’étais président” - vient diffuser chez nous sa joie de vivre en trois concerts inédits : le jeudi 1er octobre au Théâtre Mohammed V de Rabat, le vendredi 2 au Mégarama de Casablanca et le samedi 3 au Mégarama de Marrakech. 300 DH la place.
Tél. 05 37 77 60 63/64. |
|