N° 392
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Anniversaire. Good Morning Berlin
L'ACTU MONDE



Iran. La douche écossaise

L’Iran a procédé au tir réussi de
deux missiles longue portée. (AFP)

Nouvelle usine d’enrichissement d’uranium, inspection de l’AIEA, tirs de missiles… Téhéran alterne les gestes de bonne volonté et sa détermination à poursuivre son programme nucléaire.

L’Iran souffle le chaud et l
e froid. La semaine dernière, Téhéran a reconnu l’existence d’une nouvelle usine d’enrichissement d’uranium, située dans la ville sainte de Qom, provoquant un tollé sur le plan international. Voilà pour le chaud. Pour le froid, l’Iran s’est dit disposé à permettre à l’AIEA (Agence internationale pour l’énergie atomique)
d’accéder à cette nouvelle usine. Et encore du (très) chaud dès lundi 28 septembre, avec le tir réussi de deux missiles longue portée, pouvant atteindre des cibles à 2000 kms, donc Israël et toutes les bases américaines du Moyen-Orient. Le président Ahmadinejad a déclaré que le site de traitement était “parfaitement légal et conforme aux dispositions de l’AIEA”. Les Occidentaux, désormais plus unis face à la République islamique, exigent que les Iraniens fournissent toutes les explications sur cette usine avant le 31 décembre, faute de quoi l’Iran serait coupé économiquement du monde extérieur. La Russie, autrefois réticente à faire pression sur son allié iranien, n’écarte plus l’option des sanctions. Quant à la Chine, elle a juste demandé à Téhéran de collaborer avec l’AIEA. Barack Obama, de son côté, évoque l’option militaire si l’Iran “ne prouve pas ses intentions pacifiques”. Autre pays concerné, Israël, qui a fait savoir par la voix de son ministre des Affaires étrangères, “que les récentes révélations prouvent que l’Iran veut se doter de l’arme atomique”. ça chauffe à l’est !


france. Duel au sommet
Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin poursuivent leur bras de fer, par justice interposée. L’ex-Premier ministre français contre-attaque après avoir été traité de “coupable” par le président, lors d’une interview télévisée le 23 septembre, où celui-ci a déclaré que “au bout d’une longue enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant le tribunal correctionnel”. Et la présomption d’innocence dans tout ça ? Justement. Lundi 28 septembre, un huissier a délivré à l’Elysée une assignation établie “au nom de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca, président de la république, demeurant Palais de l’Elysée, 55 rue du Faubourg Saint-Honoré”. Les avocats de Dominique de Villepin ont estimé que les propos du président constituaient “une atteinte flagrante à la présomption d’innocence de leur client”, qui est poursuivi pour complicité dans l’affaire Clearstream. Toutefois, aucune poursuite ne pourra aboutir dans l’immédiat. Le président de la république ne pouvant être inquiété par la justice durant son mandat, selon la Constitution.


GUINEE. Le capitaine s’incruste
Lors de sa prise de pouvoir, le 24 décembre 2008, après un trop long règne (24 ans) du vieillissant Lansana Conté, le capitaine Dadis Camara avait suscité beaucoup d’espoirs chez les Guinéens, en promettant de lutter contre la corruption, de renégocier les contrats miniers juteux bradés par l’ancien régime… puis de céder les rênes aux civils pour une transition en douceur. Neuf mois plus tard, l’homme s’est manifestement habitué au pouvoir. Au point qu’il fait part de son intention de se présenter aux prochaines présidentielles, prévues pour janvier prochain. Le 28 septembre, l’opposition a fait entendre sa voix, trop peut-être au goût du capitaine Dadis Camara. Réunis dans un stade de Conakry, la capitale, des milliers d’opposants ont été pris pour cibles par l’armée, qui a tiré dans la foule, selon plusieurs témoins. Le bilan est lourd, à l’image de ce qui se passe ailleurs sur le continent : au moins 157 morts et 1200 blessés. Et, surtout, un avenir encore plus sombre pour le pays.


Suisse. L’affaire Polanski
La Suisse n’avait pas besoin d’un énième scandale après ceux d’UBS, cette banque suisse qui a dû livrer des milliers de noms d’Américains qui disposaient de comptes bancaires dans le pays, et l’humiliation infligée par la Libye après l’arrestation du fils Kadhafi. Samedi 26 septembre, la Confédération Helvétique a procédé à l’arrestation de Roman Polanski, le réalisateur franco-polonais de 76 ans, qui devait se rendre au Festival de cinéma de Zurich, suite à un mandat d’arrêt émis par les Etats-Unis. L’auteur de Chinatown et du Pianiste est poursuivi pour une affaire de mœurs qui remonte à 1977, où il aurait drogué et violé une fillette de 13 ans. Le cinéaste a lui-même reconnu les faits qui lui sont reprochés, tout en excluant le viol. Condamné une première fois, il a purgé 47 jours en prison avant d’être libéré sous caution. Il a en profité pour quitter les USA et ne jamais y remettre les pieds. Pas même pour recevoir son Oscar en 2008. La France et la Pologne crient leur indignation et appellent les autorités américaines à classer l’affaire, vu qu’elle date. Mais les Américains, et l’opinion américaine, veulent que Polanski comparaisse devant les juges et l’extradition du cinéaste n’est pas à exclure. Quant à l’accusé, il a déjà fait appel de son extradition auprès des autorités suisses. L’affaire Polanski divise déjà.


LU POUR VOUS. Le royaume farfelu
Ni Obama, ni Ahmadinejad : la vraie vedette de l'Assemblée générale de l'ONU a été Mouammar Kadhafi. N'ayant pas pu planter sa tente à Central Park, le dirigeant libyen a campé à la tribune une bonne heure et demie. Au risque de mettre dans l'embarras le président de séance, un malheureux... Libyen, qui s'est bien gardé de le rappeler à l'ordre, ne voulant pas finir sur un croc de boucher, comme on dit à Paris.
Le “roi des rois de l'Afrique” n'a pas eu le temps d'aborder tous les sujets. Pas un mot de la Suisse, par exemple, dont il exigeait la dissolution ces dernières semaines. En revanche, il a longuement fustigé le Conseil de sécurité et réclamé que le siège des Nations unies soit déplacé. “Pourquoi pas à Syrte ?” (sa ville natale), a-t-il dit. Pourquoi pas à Syrte, en effet ? La vérité, c'est que personne n'y avait encore pensé.
Le “roi des rois” a présenté la facture aux ex-colonisateurs : ils doivent à l'Afrique 7 770 milliards de dollars de dédommagements. On imagine tous les calculs qui auront été nécessaires pour arriver à ce montant. Le chiffre est facile à retenir. 7 777 aurait été mieux encore, mais le boutiquier de Syrte a tenu à faire un geste commercial. Robert Solé, Le Monde, 25 septembre
 
 
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