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Par Karim Boukhari
Nouvelle ère
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Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info
(DR)
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| Le nouveau règne a entamé son deuxième “décennat” d’une manière qui nous laisse perplexe. Il donne l’impression de chercher, via ses nombreux relais, à établir une sorte de consensus national autour de la presse “coupable”. En gros, nous sommes censés déduire que si le pays tarde à décoller, c’est par la faute de la presse. Cela correspond évidemment à une vision très contractée, pas du tout objective, de la réalité des choses. La presse dans ce pays, même en période de croissance et de rodage, est devenue le principal vecteur des revendications politiques et des mutations sociales. Elle est en passe de combler le trou laissé par la démission de la gauche et de l’intelligentsia |
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marocaines : faire du Marocain moyen un acteur actif, intelligent, du débat politique et social. Son audace et sa fraîcheur sont dignes d’un pays réellement en voie de développement. Quant à ses fautes de goût, et ce qu’on peut appeler parfois ses excès de vitesse, ils restent bien au-dessous de la moyenne nationale. Baîllonner la presse, dans ces conditions, revient à obliger le pays entier à faire un pas en arrière. C’est aussi absurde que de se tirer une balle dans le pied. Quel est l’intérêt, en dehors de celui, incroyablement étriqué, d’apaiser une saute d’humeur ? On en est pourtant là, ou presque. Il faut croire en effet que la propagande et le travail de sape tournent à plein régime puisque, autour de nous, et alors qu’un journal (Akhbar Al Youm, lire dossier P18) vient d’être traité comme une vulgaire cellule terroriste, le débat se focalise sur le sens réel ou supposé d’une malheureuse caricature, là où on devrait plus s’interroger sur la violence inouïe de l’intervention policière. Cette nouvelle escalade couronne une série de coups terribles portés à la presse depuis, étrange coïncidence, les célébrations marquant les dix ans du nouveau règne. A croire qu’un mot d’ordre a été lancé, appelant à la fin de l’état de grâce. Ou de la lune de miel. Depuis l’avènement de Mohammed VI, en dix ans et des poussières, la presse a accompli des pas de géant. Elle ressemble aujourd’hui à un marché attractif, de mieux en mieux structuré, drainant de grosses potentialités humaines, impactant enfin l’opinion publique. Cela représente un énorme bond en avant... que l’on doit aussi bien aux qualités intrinsèques de la presse marocaine qu’à l’élargissement de l’espace de tolérance accordé par le nouveau règne. Au point que beaucoup indexent la santé générale du pays, de sa démocratie comme de sa monarchie, à l’état de sa presse, avant de conclure : “En nets progrès”. Tout cela peut-il être effacé d’un subit coup de matraque ? Le partenariat indirect peut-il “virer” jusqu’à prendre la forme d’une guerre ouverte ? Nous ne le croyons pas et, plus encore, nous ne le souhaitons pas.
Distribuez, y a rien à voir !
Les lobbyistes du cinéma marocain, qui sont aussi nombreux que puissants, battent campagne pour restaurer les salles obscures à coups de millions de dirhams. Nous les invitons à faire preuve du même “énervement” pour défendre la cause de la distribution. En dehors des films de karaté et du cinéma hindou, que nous traînons comme une vieille maladie incurable, nos salles nous offrent exclusivement les blockbusters du cinéma américain. Sans faire le plein pour autant. Il y a pourtant une niche à développer : celle du cinéma indépendant. Il y a de la place. Les pirates comme les exploitants se sont mis d’accord pour ignorer le cinéma de qualité. Alors que la demande, certes différente, existe bel et bien dans ce pays. Imaginez un peu l’impact qu’auraient eu Un Prophète, voire Jaffa ou Antichrist, si l’un de nos lobbyistes préférés avait pris le risque raisonnable de les distribuer.
Robot man
Celui-là, on l’avait un peu perdu de vue. Monsieur le robot. Il claque toujours des sms improbables, où il promet monts et merveilles pour celui qui daigne lui répondre. Jouez, gagnez. Le texto : “Bonjour, pourquoi ne pas tenter toi aussi ta chance ? En envoyant un sms, tu peux gagner 1 Golf. à condition de répondre, tu peux tout gagner toi aussi. 100 000 nouveaux points si tu réponds. Attention, dernière chance, c’est aujourd’hui ou jamais !”. Après vous avoir asséné ce premier message, le robot patiente quelques minutes, devinant sans doute votre flottement existentiel. Il revient ensuite à la charge avec le deuxième message : “Allez, dépêche-toi, il ne reste plus que toi, joue, gagne !”. Marrant, le type. |
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