Par Fahd Iraki
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Fahd Iraqi
f.iraqi@telquel.info
(TNIOUNI)
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Les livres qui nous intéressent sont souvent interdits et ne rentrent jamais au pays.
Carton rouge
“Garder confidentiel le contrat d’Eric Gerets est l’une de mes plus grandes erreurs professionnelles”. Voilà ce qu’a déclaré Ali Fassi Fihri devant le parlement, où il a été convoqué pour rendre des comptes suite à la débâcle de l’équipe nationale en Coupe d’Afrique. C’est fair-play de la part du président de la Fédération de football de reconnaître sa faute. Mais cela va-t-il lui épargner un carton rouge ? L’arbitrage appartient aux membres fédéraux, il faut donc attendre leur prochaine assemblée générale. Mais, entre-temps, Fassi Fihri ferait mieux de présenter sa démission, de demander lui-même un
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changement. Une faute professionnelle (parce que c’est bien d’une faute qu’il s’agit) aussi grave, il faut bien qu’elle soit sanctionnée, ce n’est pas à ce haut commis de l’Etat qu’on va l’expliquer. Pour le foot marocain, son départ est un bien pour un mal. Si c’est pour négocier ainsi des contrats, on trouvera forcément un remplaçant pour tenir le poste. Et même pour Fassi Fihri, ça ne sera pas la fin du monde. Il pourrait alors pleinement se consacrer au gigantesque Office qu’il dirige actuellement à mi-temps, entre deux appels en sélection. Et c’est plus rassurant pour nos contrats d’eau et d’électricité…
Bouillon de culture
Statistique dénichée en marge du Salon international de l’édition et du livre : en moyenne, l’Arabe consacre 6 minutes par an à la lecture, contre 200 heures pour l’Européen. Effarant ! En même temps, il faut excuser l’Arabe, lui accorder des circonstances atténuantes. Prenez le cas du Marocain, Arabe selon la nomenclature en vigueur : s’il ne lit pas autant qu’un gawri, c’est qu’il a ses raisons. Voici le Top 5 des excuses que l’on peut trouver à un Marocain qui ne lit jamais. Roulement de tambour…
Number five : Le livre, ce n’est pas un produit culturel que l’on peut pirater. Et ceux qu’on trouve à 5 DH font trop peur. Sélection : 3adab alkabr, Comment vaincre le cancer…
Number four : Il y a longtemps que les librairies se sont transformées en snacks chawarma. Nourrir les ventres est forcément bien plus rentable que nourrir les esprits.
Number three : Alors que l’Européen peut lire dans le métro, le Marocain ne peut même pas se gratter le nez dans son bus ou son taxi biad. Et même dans un taxi hmar, ouvrir un livre déclenche systématiquement chez le conducteur un réflexe de survie intellectuelle. Il éprouve un besoin incontrôlable de taper la causette.
Number two : Dans les rares librairies qui existent encore, on peut parfois lire en gros caractères : “Prière de ne pas toucher aux livres”
…And number one : Les livres qui nous intéressent sont souvent interdits et ne rentrent jamais au pays.
En route vers l’industrialisation
Vroum, vroum… Le Maroc peut désormais rouler des mécaniques avec la nouvelle usine Renault installée à Tanger Med. Une unité industrielle rutilante qui nous lance dans le circuit des pays exportateurs d’automobiles. On est loin des 15 000 véhicules que la Somaca expédie déjà à l’étranger. Là on passe à 150 000 véhicules la première année, avant d’embrayer à 360 000 dès la deuxième. Et avec 30 000 travailleurs (directs et indirects) sous le capot, Renault Tanger Med se présente comme un puissant moteur de développement de la région. Mais attention à la tenue de route de la politique industrielle du pays. Ça vaut certainement le coup d’ouvrir la voie aux géants mondiaux de l’industrie, de leur lever toutes les barrières administratives et fiscales, de piloter pour eux la formation d’une main d’œuvre bon marché et même de les ravitailler quand ils sont en panne sèche de capitaux… Mais la finalité ne doit pas se limiter à attirer des devises (qui, à terme, remontent aux maisons mères) ou encore à la création d’emplois (qui peuvent un jour être supprimés). C’est le transfert de savoir-faire qu’il faut atteindre au point d’arrivée. Pour prendre un raccourci, disons que notre vision industrielle devrait permettre un jour l’émergence d’un constructeur automobile national avec une marque 100% marocaine (écologique tant qu’à faire). Si on n’y arrive pas, tous les beaux discours d’un Maroc industriel ne vaudraient pas mieux que le speech, bien rodé, d’un vendeur automobile. |
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